Diabète de type 2 : le parcours de soins

Le diabète de type 2 est une maladie dite « silencieuse » au cours des premières années. Malgré tout, il s’agit d’une maladie évolutive, qui peut entraîner des complications graves. Il est donc important de bien prendre en charge cette maladie pour limiter le risque d’apparition des complications. Comment ? Parlons-en.

 Diabète de type 2 : le parcours de soins

Diabète de type 2 : le parcours de soins

Au début du diagnostic de la maladie, le patient diabétique de type 2 est généralement pris en charge par son médecin traitant. En effet, c’est le médecin généraliste qui constitue l'interlocuteur privilégiépour parler de la prise en charge de la maladie et assurer le suivi afin de prévenir au mieux les complications possibles du diabète. Toutefois, le médecin traitant peut être amené à orienter ses patients diabétiques vers un diabétologue dans certains cas. Notamment en cas de passage à l’insuline, lors d’un diabète déséquilibré, ou bien encore lors d’apparition de complications.

 

Améliorer ses habitudes de vie, avant tout !

Avant toute chose, il est important de comprendre que l’évolution des habitudes de vie fait partie intégrante du parcours de soins du diabète de type 2. En effet, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière constituent les deux principaux piliers du traitement de la maladie.

Concernant l’activité physique, la pratique d'une activité physique de 30 minutes au moins par jour en moyenne est recommandée afin de maîtriser l’évolution de la maladie. Il peut s’agir de la pratique d’un sport collectif ou individuel, d’une activité de loisirs comme la marche ou le vélo, ou bien, d’une activité qui favorise le mouvement comme le ménage, le bricolage ou le jardinage. (1) De nombreuses études prouvent l’intérêt de l’activité physique dans la prise en charge du diabète de type 2 car elle contribue à baisser la glycémie (le taux de sucre dans le sang) et à prévenir les risques de complications. (2) A chacun de trouver l’activité physique qui lui fait plaisir car même une ativité physique de courte durée, entraîne des effets bénéfiques sur la santé. (3)  La reprise d’une activité physique doit être progressive, et parfois, un avis spécialisé auprès d’un cardiologue ou d’un médecin du sport peut être nécessaire en fonction du profil de chaque patient (antécédents de maladies cardiovasculaires, âge, etc.) (1).

A la pratique d’une activité physique régulière, il est aussi très important d’ajouter une alimentation saine afin d’équilibrer son diabète et par la suite de limiter au mieux les complications. Pour ce faire, il est possible d’être accompagné par un diététicien ou un médecin nutritionniste qualifié afin de réaliser un bilan diététique. Ce professionnel pourra également indiquer comment adopter une alimentation saine et équilibrée,adaptée à tous (que l’on ait du diabète ou non), en veillant notamment aux apports en graisses et sucres.(1)

Enfin, le tabagisme et la consommation d’alcool sont à éviter pour la santé de façon générale et particulièrement dans le cadre de la prise en charge du diabète. Un suivi spécialisé peut être envisagé pour aider au sevrage tabagique et/ou à la prévention et prise en charge des addictions. (1)

 

Les surveillances à envisager tout au long de l’année

Dès le diagnostic de la maladie, la mise en place d’un suivi médical chez le médecin généraliste en collaboration avec d’autres professionnels de santé est nécessaire pour assurer les surveillances annuelles du diabète. (1)

Voici les surveillances recommandées de la tête aux pieds :

  • Il est conseillé de prendre un rendez-vous chez un ophtalmologue au moins une fois tous les deux ans au minimum, parfois plus, selon le profil et l’équilibre du diabète. En effet, le diabète peut entraîner des maladies oculaires provoquées par l’atteinte des vaisseaux de l’œil, comme la rétinopathie diabétique. Le fond d’œil pratiqué chez l’ophtalmologue permet de détecter cette complication

  • Souvent oubliées, les complications dentaires sont fréquentes chez les personnes atteintes de diabète de type 2. En effet, un déséquilibre glycémique entraîne une salive sucrée qui peut favoriser l’apparition de caries, de gingivites ou bien de parodontites. Une surveillance annuelle chez le dentiste est donc recommandée (comme pour le reste de la population d’ailleurs).

  • Pour les complications cardiovasculaires, le suivi est généralement réalisé par le médecin traitant avec la surveillance de la tension artérielle à chaque visite, la surveillance du taux de cholestérol et la réalisation d’un ECG de repos chaque année. Dans certains cas, le recours à des examens complémentaires ou à un cardiologue peut être envisagé. C’est le cas notamment, si l’ECG de repos ne peut être réalisé chez le médecin généraliste, en cas de bilan à l’effort pour évaluer l’aptitude à l’activité sportive ou bien encore pour le diagnostic de complications. (4)

  • Pour détecter d’éventuelles complications rénales, un suivi une fois par an ou plus (selon l’état de santé du patient) est recommandé. Les reins ont pour fonction principale de filtrer le sang pour éliminer tous les déchets de notre organisme. Les examens de sang et d’urines permettent ainsi d’évaluer la fonction rénale, c’est-à-dire l’état des reins afin de détecter l’insuffisance rénale, qui constitue l’une des complications possibles du diabète.

  • Le diabète a des effets variables sur la vie intime et il est tout à fait possible de rencontrer quelques complications sexuelles au cours de la maladie. Il est donc important d’en parler avec son médecin et si besoin de consulter un sexologue car il existe des solutions.

  • Les complications neurologiques sont à surveiller au moins une fois par an. Appelées “neuropathies” dans le jargon médical, les complications neurologiques se situent le plus souvent au niveau des membres inférieurs (les jambes et les pieds). Les atteintes des nerfs s’accompagnent parfois de signes tels que des orteils engourdis, des fourmillements ou bien des sensations de brûlures mais parfois il n’y aucun signe particulier. C’est pourquoi chaque année, il faut réaliser une surveillance avec notamment un test de sensibilité des pieds auprès d’un médecin, d’une infirmière ou d’un podologue.

  • Enfin, les complications podologiques sont également à surveiller, à chaque visite médicale mais aussi à la maison. Les plaies au niveau des pieds sont souvent indolores. Pour une surveillance optimale et adaptée à chaque patient, il existe ce que l’on appelle la gradation du pied diabétique. Elle démarre du grade 0 au grade 3, zéro désignant l’absence de complication neuropathique (il n’y a pas de perte de sensibilité) et trois étant le grade le plus élevé avec des complications sévères (un antécédent d’ulcération et/ou parfois d’amputation).  (5) La gradation annuelle du risque est réalisée par le médecin, l’infirmière ou le podologue. Selon les grades de risque, les soins podologiques sont remboursés ou non. C’est le cas notamment pour les grades 2 et 3, avec respectivement jusqu’à 5 ou 8 séances remboursées par l’assurance maladie. (6) Afin d’éviter les complications les plus graves, il est recommandé de surveiller soi-même l’état de ses pieds, et de consulter un podologue régulièrement pour prévenir et/ou soigner toute blessure, irritation, kératose, panaris ou autre.

  

La surveillance de la glycémie 

Le suivi de la glycémie grâce à une prise de sang mesurant l’HbA1c (ou hémoglobine glyquée) est recommandé tous les 6 mois chez les personnes diabétiques de type 2 si l’objectif fixé est atteint et si le traitement n’est pas modifié. Sinon, dans les autres cas de figures, une prise de sang est recommandée tous les 3 mois.(1) C’est le médecin qui décide de la fréquence>nécessaire pour le suivi de la glycémie.

Enfin, l’autosurveillance de la glycémie par voie capillaire (au bout du doigt) ou du glucose interstitiel n’est pas systématique. Selon les cas, le médecin et/ou le diabétologue peut la prescrire, notamment en cas de traitement par insuline et/ou par insulino-sécréteurs en cas de soupçons d’hypoglycémies. L’ autosurveillance glycémique n’est en revanche pas indiquée lorsque le traitement repose uniquement sur les règles hygiéno-diététiques ou en cas de metformine seule et que le diabète est bien équilibré. (1)

Pour aller plus loin et pour mieux comprendre le diabète et sa prise en charge, tous les patients peuvent bénéficier d’un accompagnement ou d’un soutien. L’éducation thérapeutique permet d’accompagner les patients atteints de maladies chroniques par le biais d’ateliers individuels et/ou collectifs à l’hôpital ou au sein d’associations de patients. Ces dernières offrent également du soutien et des moments conviviaux entre patients. 

Pour en savoir plus et trouver une association de patients proche de chez vous, renseignez-vous auprès de votre médecin traitant.

 

Sources:

  1. >HAS, guide parcours de soins, Diabète de type 2 de l’adulte, avril 2014 consulté le 18 avril 2024 sur https://www.has-sante.fr/jcms/c_1735060/fr/guide-parcours-de-soins-diabete-de-type-2-de-l-adulte
  2. Lumb A. Diabetes and exercise. Clin Med (Lond). 2014 Dec;14(6):673-6.      https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25468857/
  3. Lee IM, et al. Physical activity and coronary heart disease riskin men: does the duration of exercise episodes predict risk? Circulation. 2000 Aug 29;102(9):981-6.     https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10961961/

  4. HAS, Actes et Prestations - ALD N° 8 « Diabète de type 1 et diabète de type 2 », consulté le 18 avril 2024 sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/lap_diab_actualis__3_juillet_07_2007_07_13__11_43_37_65.pdf
  5. HAS, Affections podologiques, consulté le 2 mai 2024 sur https://www.has-sante.fr/jcms/p_3218144/fr/affection-podologique-diabete-un-suivi-pluriprofessionnel
  6. Ameli, Le podologue, un appui pour bien prendre soin de ses pieds, consulté le 2 mai sur https://www.ameli.fr/gironde/assure/sante/themes/diabete-adulte/diabete-interlocuteurs/podologue

Auteur : Corinne Nkondjock - Journaliste médicale

06/2024 - FR-3443

 

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