Diabète gestationnel : le parcours de soins

La bonne prise en charge du diabète gestationnel (DG) réduit les complications pour le bébé et la maman. Voici l’essentiel à retenir du dépistage au suivi pendant et après la grossesse.

Diabète gestationnel : le parcours de soins

        Diabète gestationnel : le parcours de soins

Le diabète gestationnel ou DG, constitue une anomalie transitoire de la tolérance au sucre qui apparaît au cours de la grossesse et disparaît après l'accouchement. 

Heureusement, lorsque le DG est bien équilibré, la grossesse et l’accouchement se déroulent très bien. En revanche, s’il est déséquilibré, le diabète de grossesse peut entraîner des complications pour la maman et pour le bébé.> 

le bébé, il existe notamment un risque de macrosomie fœtale, c’est-à-dire, un poids de naissance supérieur à 4kg ainsi qu’un risque d’hypoglycémie à la naissance. Chez la maman, le DG peut notamment favoriser une prééclampsie, une maladie qui associe de l’hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines. Le DG peut également provoquer un risque accru d’accouchement par césarienne et de diabète lors d’une prochaine grossesse. (1)

 

            1. Le dépistage du diabète gestationnel

La recherche de sucre dans les urines est systématique chez toutes les femmes enceintes. Elle est réalisée à chaque consultation mensuelle de suivi de la grossesse. Le dépistage du DG quant à lui, est proposé uniquement si du sucre est présent dans les urines ou bien chez les femmes enceintes comportant des facteurs de risques : Un âge supérieur à 35 ans, un IMC supérieur ou égal à 25, un diabète au sein de la famille de premier degré (père, mère, frères ou sœurs), un diabète gestationnel au cours d'une précédente grossesse ou un accouchement d’un enfant de plus de 4 kg à terme. 

Dans ces différents cas de figure, les femmes enceintes doivent réaliser une prise de sang pour un dosage de la glycémie à jeun au premier trimestre de grossesse et/ou une hyperglycémie par voie orale grâce à l’absorption d’une certaine quantité de glucose entre la 24ème et 28ème semaine d’aménorrhée, c’est à dire durant le 6ème mois de grossesse. Le diagnostic de DG est confirmé si la glycémie est supérieure à 0.92g/l à jeun, ou à 1.80g/l 1h après l’ingestion de glucose ou 1.53 g/l 2h après l’ingestion de glucose. (2)

 

            2. Les règles d’hygiènes de vie d’abord

Le traitement du DG repose sur la mise en place de règles hygiéno-diététiques afin de favoriser l’équilibre des glycémies. Ainsi, pour chaque repas, la quantité de glucides doit être limitée et adaptée aux besoins définis avec la femme enceinte et l’équipe médicale en fonction de l’IMC, des habitudes alimentaires et du nombre de kilos pris au cours de la grossesse. En parallèle, sauf contre-indications, la pratique d’une activité physique au cours de la grossesse est importante.

>En cas de DG, l’autosurveillance glycémique (ASG) constitue le moyen le plus simple pour surveiller la glycémie. La fréquence de l’ASG est préconisée par le diabétologue en fonction du profil de chaque patiente. Après 10 jours, si les règles diététiques ne suffisent pas à rééquilibrer les glycémies, la mise sous insuline devient alors indispensable. C’est le cas pour ¼ des femmes concernées par un diabète de grossesse.(3) Avec ou sans insuline, les valeurs des glycémies doivent se rapprocher des seuils conseillés, soit inférieures à 0.95 g/l à jeun, entre 1.30 et 1.40 g/l environ 1h après les repas, et inférieures à 1.20, 2h après les repas. (3)

 

 

            3. Le suivi de grossesse et les examens supplémentaires 

>Si le DG est bien équilibré et s’il n’existe pas de facteurs de risques tels que l’obésité ou le surpoids ou bien l’hypertension artérielle, le suivi de grossesse est identique à celui de toute grossesse en bonne santé. Si au contraire, le DG est déséquilibré, un suivi rapproché est nécessaire, au cas par cas, pendant et après la grossesse avec notamment des examens complémentaires tels que des prises de sang et des analyses d’urines, des échographies, et la surveillance du rythme cardiaque fœtal. (3)

En cas de DG, la glycémie du nouveau-né est surveillée à la naissance. Pour écarter le risque d’hypoglycémie, le bébé est nourri le plus tôt possible après sa naissance et à intervalles rapprochés (environ toutes les 2 à 3 heures). 

Pour la maman, après l’accouchement, le DG disparaît et la glycémie redevient normale. La surveillance de la glycémie peut être poursuivie en post-partum pour les femmes ayant été mise sous insuline. Une prise de sang est réalisée 3 mois après l’accouchement, avant une nouvelle grossesse et tous les 1 à 3 ans selon les cas. (4)

 

Sources :

  1. Ameli, Le diabète gestationnel : définition, facteurs de risque et conséquences consulté le 30 avril 2024 sur https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/diabete-gestationnel/definition-facteurs-risque-consequences#:~:text=Cons%C3%A9quences%20du%20diab%C3%A8te%20gestationnel%20chez%20la%20femme%20enceinte&text=un%20risque%20accru%20de%20c%C3%A9sarienne,lors%20d'une%20prochaine%20grossesse.
  2. Ameli, Comment dépiste-t-on un diabète gestationnel chez une femme enceinte ? consulté le 6 mai 2024 sur https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/diabete-gestationnel/depistage-diabete-gestationnel#:~:text=Elle%20consiste%20en%20l'absorption,%C3%A0%20diagnostiquer%20un%20diab%C3%A8te%20gestationnel.
  3. Ameli, le traitement du diabète gestationnel, consulté le 6 mai 2024 sur >https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/diabete-gestationnel/traitement-suivi-femme-enceinte-bebe
  4. Ameli, Diabète de grossesse : la naissance, le suivi du bébé et de sa mère, consulté le 8 mai 2024 sur https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/diabete-gestationnel/accouchement-suivi-mere-bebe#:~:text=L'enfant%2C%20n%C3%A9%20d',n'est%20cependant%20pas%20%C3%A9tablie.>

 

Auteur : Corinne Nkondjock - Journaliste médicale

06/2024 - FR-3443

 

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